ila vitesse, le vent sur mes joues, toi qui serre ma main. le rond point, cette voiture grise qui sors de nulle part, le choc. j'ai volé, parait-il, et j'ai aterri 2 mètres plus loin. jme rapelle juste avoir tapé dans ton corps, avoir eu cette sensation de looping du space mountain, et m'être retrouvée agenouillée à coté de toi. entre temps, il parait que j'ai enlevé mon casque aussi. et j'ai crié. non, j'ai hurlé. de te voir allongé là, à 2 mètres de moi, la moto sur ton genoux, le sang tellement rouge qui ressortais sur le bitume. j'ai pensé traumatisme crânien, hémorragie interne, côtes brisées, poumons perforés. j'ai été terrorisée. jvoulais que tu m'entendes, que tu me vois, que tu comprennes que j'avais rien. que j'avais même pas senti le choc de ma chute, que j'avais une égratinure ridicule au coude. et jvoyais plus que ton sang. jvoulais te relever la tête, j'ai passé ma main sous ta nuque, elle était chaude, et elle était mouillée. j'ai retirée ma main et ma paume était rouge. les pompiers étaient là, tu répétais mon nom inlassablement, je pleurais, j'essayais de rester calme, mais c'était trop dur. je te disais que j'étais là, que j'allais bien, mais c'était comme si tu ne me voyais pas.
après ils t'ont enmenés loin, aux urgences, et jsuis restée abasourdie devant l'hôpital. jregardais dans le vide, je priais tout et n'importe quoi, je pleurais un peu, jcherchais le courage de rentrer dans ce bâtiment où on te faisait des radios, des scans, des perfs, toutes ces conneries.
je t'ai vu allongé sur ton lit d'hôpital, sonné, j'ai compris que tu allais mieux, je t'ai embrassé, et je n'ai jamais été aussi heureuse de te voir me sourire et me dire que tu m'aimais. j'ai attendu tes résultats, le pouce débôité, l'auriculaire fracturé, le genoux abîmé, les points de suture au menton, le mal de crâne, la minerve.
j'ai eu droit à mon observation moi aussi. passer cette affreuse blouse blanche, dire là où j'avais mal, car j'avais mal, 4 heures après l'accident, radio de la cheville, du genou, de la hanche, du crâne. diagnostique : entorse des cervicales, minerve.
on a eu tellement de chance, je me demmande comment on a fait pour s'en sortir aussi bien. je n'aurais jamais pu supporter que tu aie cet accident sans moi, on était ensemble, et même dans cet hôpital, c'est tout ce qui comptais. je t'ai vu me réclammer encore et encore alors même que tu étais à demi inconscient, je t'ai vu pleurer pour moi, je t'ai vu te préoccuper plus de moi que de toi même, alors que tu allais beaucoup plus mal.
si tu savais à quel point je t'aime, et même si jamais je n'ai douté de nous deux, et même si je donnerais n'importe quoi pour n'avoir pas eu cet accident, il m'a quand même montré à quel point on pouvait s'aimer. à 16 ans certains diront qu'une relation 'sérieuse' est exagérée, mais l'amour, c'est l'amour, et la seule chose dont je suis persuadée ce que je t'aime, philippe.
[ texte long et personnel, dsl si les détails de l'accident peuvent parâitre choquants ]